Bien débattre : techniques art oratoire

Les techniques d’art oratoire pour s’entraîner à débattre

Pourquoi ne débattre que des choses sur lesquelles on pourrait tomber d’accord ?

Quoi de plus ennuyeux que de toujours tomber d’accord avec votre interlocuteur, qu’il soit ami, collègue ou proche ? En effet, ne pas goûter à la joie de débattre n’est-il pas révélateur d’un terrible échec ? Celle de refuser de vivre et de défendre ses idées en se confrontant aux positions adverses ? Dans son livre : “La parole est un sport de combat“, Bertrand Périer, brillant avocat et enseignant de l’art oratoire à Sciences Po et HEC, nous donne sa vision sur l’art de débattre en toutes circonstances.

Ne pas fuir le débat… mais l’embrasser !

embrasser le débatPour Bertrand Périer, tout débat est bon à prendre. C’est là que se construisent et déconstruisent les opinions, les théories. C’est aussi une merveilleuse occasion de mettre à l’épreuve ses pensées pour en connaître le juste jus et lever le voile sur les forces et faiblesses de chacune d’elles. Le débat d’idées, au contraire de la force physique, tient plus d’un jeu élégant et noble, montrant un esprit élevé, capable de discerner et de communiquer avec aisance. D’ailleurs, qui ne parvient pas à communiquer avec précision et tact leur point de vue n’a-t-il pas tendance à se tourner vers la facilité, privilégiant la violence, la force brute ?

“Débattre plutôt que se battre.”

Débattre oui, mais en privé ou en public ?

Débat privé et public

Testez vos arguments en privé avant de vouloir jouer les “gros bras” en public

L’auteur revient sur la distinction à faire entre les débats que l’on a en privé et ceux que l’on livre en public. Ainsi, si les débats que l’on mène en privé servent, avant tout, à étayer sa pensée. Ceux que l’on mène en public servent à faire triompher sa pensée. Hors, ce va-et-vient entre les deux aspects (privé et public) nécessite un état d’esprit bien différent. Si dans le privé, la conviction n’est pas forgée, et que les arguments sont encore susceptibles de vaciller, on cherche avant tout à tâtonner, à tenter de faire changer d’avis son interlocuteur et à le bousculer dans ses certitudes.

Pour le public, c’est un autre débat, totalement différent. L’adversaire n’est pas là pour vous faire changer d’avis mais pour exprimer sa conviction. Le destinataire de la parole n’est donc par le même lorsqu’il s’agit d’un débat privé ou public. Ainsi l’auteur prend l’exemple d’un débat hypothétique entre Donald Trump et Hillary Clinton comme celles des dernières présidentielles aux Etats-Unis. Dans ce débat public, on n’imagine mal un Trump annonçait la couleur avec un :

“Oui, finalement, j’ai entendu ce que vous avez dit, vous avez raison, je vais voter pour vous !”.

Aussi, cet exemple irréaliste est là pour montrer l’importance de parler pour convaincre un tiers indécis. L’adversaire est seulement un prétexte et ses arguments ne doivent servir qu’à rebondir et mieux contrer.

L’intention est donc diamétralement opposée entre débat privé : “j’écoute pour comprendre” et débat public : “j’écoute pour répondre”. Voici les solutions pour réussir ses débats et mettre toutes les chances de son côté :

Se munir d’un sparring partner prêt à encaisser

débat Chirac Mitterrand

préparez-vous mieux que Chirac lors son débat face au briscard Mitterrand si vous voulez garder la face…

Avoir recours à un sparring partner pour préparer un débat public peut être une excellente idée. Les politiques utilisent déjà cette méthode pour se préparer à toute éventualité… Et malgré cela, ils échouent parfois. Bertrand Périer prend l’exemple du débat présidentiel entre Jacques Chirac, premier ministre en puissance et François Mitterand, Président sortant. Après une longue tirade de Chirac sur son rapport avec Miterrand, il conclut : “vous me permettait donc de vous appeler monsieur Mitterrand”. La formule a évidemment été préparée. Loin d’être déstabilisé, Mitterrand rétorqua, petit sourire en coin : “Vous avez tout à fait raison monsieur le Premier ministre.” Chirac venait de prendre un “uppercut” verbal à la Tyson ce jour là… Il avait commis la grave erreur de ne pas anticiper l’après-réplique. Un débat peut être vu comme une partie d’échec où chaque joueur dit toujours anticiper le coup suivant.

Exercice d’application :

La partie de ping-pong

Partie de ping pong

Entraînez votre répartie pour être fin prêt le jour J.

Prendre plaisir à débattre se travaille. Voici un exercice qui se joue à plusieurs. Répartissez-vous en deux équipes, de part et d’autre d’une table ou d’une ligne imaginaire, trouvez un sujet de débat (ex : pour ou contre les trottinettes électriques ?). Un membre de l’équipe qui défend le “pour” dont un membre réfute cet argument et donne un nouvel argument. La main passe à l’équipe du “pour” dont un membre réfute l’argument et ajoute un argument, etc. Chaque participant doit avoir pris une fois la parole avant de faire éventuellement un “deuxième tour”. La première équipe qui n’a plus d’argument a perdu.

La vente aux enchères

commissaire priseur exercice

Choisissez un objet de votre choix. Vous allez tenter de le vendre aux enchères aux autres participants, comme le ferait un commissaire-priseur. Vous devrez décrire ses caractéristiques essentielles, vanter ses mérites, expliquer pourquoi cet objet est unique, utile et beau. Vous en justifierez la mise à prix. Au préalable, vous aurez divisé le public en deux, les uns se voyant assigner à l’avance, la tâche d’expliquer, après l’intervention, pourquoi ils vont acheter l’objet, les autres d’expliquer pourquoi ils ne vont pas l’acheter.

En conclusion, débattre en toute circonstance nécessite, selon l’auteur, de structurer son discours par étapes :

  1. Poser les termes du débat
  2. Savoir formuler ses arguments de façon claire et concise
  3. Penser au “coup d’après”
  4. Eviter de tomber dans l’énervement et la vulgarité

champion de la négociation

ET POUR ALLER PLUS LOIN :

Le débat : un exercice de longue halène qui se travaille et se peaufine avec le temps ! Chez Booster Academy, nous proposons des entraînements intensifs pour booster votre discours. De quoi gagner en confiance dans votre répartie et ressortir grandit d’un parcours de formation dans l’un de nos Centres d’Entraînement.

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