manager à la confiance

Manager à la confiance : la méthode Wenger pour tenir la distance

Comment manager ses troupes à la Arsène Wenger ?

Comme les articles de presse ne cessent de le mentionner, Arsène Wenger est sur le point de vivre ses dernières semaines sur le board d’Arsenal. Manager du club anglais depuis près de 22 ans, Wenger a annoncé son départ en fin de saison. Le Manager français a fait preuve d’une longévité exceptionnelle à son poste, comparé à ses confrères où les licenciements vont bon train, seul un certain Sir Alex Fergusson (Manchester United) a fait mieux (27 ans), c’est dire la prouesse de l’Alsacien.

Souvent décrié ces derniers temps, Wenger a toujours su maintenir le navire à flot, remportant plusieurs titres et se plaçant dans les 4 premiers du classement pendant 20 années consécutives.

D’où vient cette constance au plus haut-niveau, cette capacité à durer dans le temps, malgré les orages et les tourmentes. Dans cet article, loin de nous l’idée de faire une quelconque analyse de football. Nous souhaiterions mettre en parallèle les techniques de management sous l’ère Wenger, pour vous inspirer dans votre management d’équipe au quotidien.

Comment Wenger est passé d’un management autoritaire à un management « ZEN » ?

Selon les dire d’anciens de ses joueurs, Wenger était plutôt reconnu pour ses « gueulantes » que pour son flegme légendaire. En effet, à l’époque où il entraînait l’AS Monaco, l’Alsacien était capable de fulgurants « coups de colère » à l’encontre de ses joueurs. Après un passage d’un an au Japon, en tant qu’entraîneur du club de Nagoya, il a radicalement changé sa façon de faire, arborant une posture plus « zen », comme le souligne Emmanuel Petit et William Gallas, dans un entretien récent pour la chronique « le Vestiaire ». Jusqu’au point de « sortir pieds nus sur son gazon », chaque matin, pour retrouver son équilibre et conserver une bonne force mentale. Une « routine matinale » originale qui montre l’importance de la préparation mentale pour répéter les performances dans le temps. La plupart des entrepreneurs/dirigeants ont leur propre routine pour attaquer la journée avec efficacité.

Faciliter l’auto-gérance des joueurs, leur donner des responsabilités

Wenger fonctionnait beaucoup à la confiance avec ses joueurs. Il était davantage dans l’observation que dans le guidage permanent. Et l’une de ses forces résidait dans sa capacité à laisser le joueur s’auto-gérer, se responsabiliser et démontrer son professionnalisme à l’entraînement, sur et en dehors du terrain. Il occupait plus un rôle de superviseur lors des séances. Une vision antinomique à celle de son vieil ennemi, un certain José Mourinho.

Miser sur le futur en recrutant des jeunes talents prometteurs

Sa façon de faire ressortir le meilleur d’un joueur n’est plus à démontrer. Wenger a formé et permis à de jeunes joueurs prometteurs d’accéder aux plus hautes sphères du football mondial. Thierry Henry, Patrick Viera ou Laurent Koscielny, pour ne citer qu’eux, sont des exemples de joueurs ayant tiré le maximum de leur potentiel grâce, en grande partie, au coaching du « Professeur », surnom donné à Wenger, pour son approche scientifique et rigoureuse du football.

Manager à la confiance : responsabiliser et offrir des opportunités

Autre méthode utilisée que vous pourriez retranscrire à votre management d’équipe : Wenger aimait que le joueur exprime son leadership, démontre son orgueil et sa force de caractère en match, dans une situation délicate à gérer. Ainsi, vous pouvez laisser le joueur s’exprimer, s’autogérer et lui accorder votre confiance. Libre à lui de saisir sa chance pour vous prouver qu’il la mérite. Dans le cas contraire, il sera bien sûr préférable de fixer un cadre et des limites plus claires et ne pas hésiter à le recadrer, si nécessaire pour ne pas virer au laxisme

Traiter un cas de démotivation

Emmanuel Petit s’est exprimé au sujet de Wenger, en racontant une anecdote sur une période délicate qu’il avait eu à gérer au cours de sa carrière. Emmanuel Petit avait perdu sa motivation à l’entraînement et vivait pas mal de soucis personnels. Wenger l’a alors convoqué dans son bureau et, après un long échange, pris le temps d’échanger avec son joueur, d’homme à homme. Il décidera alors de donner à Emmanuel Petit un temps de repos, le temps de régler ses problèmes personnels et de ne revenir qu’une fois qu’il serait opérationnel à 100% pour jouer. Cette anecdote paraît anodine mais elle exprime parfaitement les qualités de fin psychologue du manager alsacien.

Le joueur dira finalement : « ça c’est du leadership, il m’a démontré qu’il avait confiance en moi et m’a incité implicitement à me prendre en main ». Un exemple qui peut être reproduit un peu différemment en entreprise, au vu des enjeux et des ressources disponibles, mais qui donne un bon aperçu du potentiel d’efficacité du fait de ” manager à la confiance “.

La rigueur à l’allemande

Wenger a révolutionné le club d’Arsenal en instaurant des règles de vie. Il a notamment apporté son expertise en terme de nutrition, de méthodes d’entraînement (basées notamment sur la pilométrie) pour que ce ses joueurs acquièrent la discipline et l’exigence indispensables au haut-niveau. Ainsi, il veillait à ce que ses troupes appliquent ces règles à la lettre, ce qui a significativement améliorer les performances individuelles et collectives. Wenger doit sa réussite à un professionnalisme à toute épreuve et à un grand dévouement pour le club.

Wenger, avant-gardiste du bien-être au travail ?

stadium

L’Emirates Stadium

En outre, le Manager Français est reconnu pour son extrême rigueur, tant dans la façon dont il gère le budget du club que dans la manière dont il a supervisé la construction du nouveau stade des « gunners » : l’Emirates Stadium.

Selon les dires, il aurait contrôlé et validé l’ensemble des plans pour que ce nouveau stade soit un temple de la performance, de l’ergonomie et du bien-être. Ainsi, dans l’organisation des espaces, du vestiaire, des salles d’entrainement, du matériel de musculation ultra-sophistiqué, rien n’a été laissé au hasard. Plusieurs joueurs ont reconnu avoir été ébahis la première fois qu’ils ont visité le centre d’entraînement et ses infrastructures.

“Économe”, Arsène lègue un sacré héritage à ses successeurs

En effet, Wenger laissera derrière lui un club très « sain » financièrement, l’un des plus riches du monde en terme d’actifs immobilisés comme les actifs sportifs, l’argent en banque, l’investissement potentiel du propriétaire et la dette. On pourra dire qu’il a choisi de miser sur long-terme, en gérant de façon très économe les finances du club, ce qui lui a d’ailleurs été souvent reproché par les afficionados d’Arsenal.

Garder ses valeurs coûte que coûte : une force de conviction

Enfin, on pourrait qualifier Wenger d’idéaliste, d’esthète du beau jeu, avec une force de conviction défiant toute concurrence. A la limite du borné, il a conservé l’esprit du jeu qu’il souhaitait véhiculer et les valeurs pour lesquelles il croit profondément. Arsène dira :

« Ces valeurs sont composées d’un peu de classe, de distinction, du respect des gens et d’ambition pour obtenir ce que vous entreprenez avec classe. »

Et vous, comment estimez-vous le travail mené par Wenger ? Est-ce que ses méthodes managériales peu orthodoxes, voir complètement à contre-courant, vous semblent propices et adaptables au monde de l’entreprise ?

Donnez-nous votre avis en commentaires, nous serons ravi d’y répondre.

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Thomas Duc

Content Manager Booster Academy
Quand Thomas n’est pas en pleine prospection de sujets d’article, c’est qu’il se prépare mentalement à ses prochains matchs, un verre de vin rouge à la main.

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